Nos toilettes sèches

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Notre première expérience des toilettes sèches a été la réalisation de ce cube que nous Toilettes sèches 1avons mis à côté des toilettes classiques.

Au bout de quelques mois, il était devenu évident pour nous qu’il fallait arrêter d’utiliser de l’eau potable pour évacuer nos déchets organiques.

Au delà du gâchis en eau potable que cela représente (30 % de la consommation familiale), nous avons été amené à nous interroger sur le circuit de traitement de nos déchets organiques.

Cette deuxième réflexion nous a fait comprendre la valorisation que l’on pouvait faire de nos productions organiques en les transformant en un compost de qualité pour le jardin au lieu de créer des boues inaptes à la fertilisation du sol. Nous avons été totalement convaincu de supprimer toutes les toilettes à eau de notre maison.

Toilettes sèches 2Toilettes sèches 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons ainsi réalisé et installé des toilettes sèches définitives
en octobre 2006 et juin 2008.

Pourquoi utiliser les Toilettes sèches

Pour une gestion durable de l’eau dans le monde

1/3 de la consommation d’eau potable des ménages disparaît dans les toilettes :
gaspillage. De plus, la production de cette eau potable nécessite des traitements coûteux.

L’utilisation de la chasse d’eau entraîne l’obligation d’un traitement des eaux vannes (eaux  polluées provenant des WC)* : C’est un investissement très coûteux pour les communes. L’épuration détruit une matière première importante (nos déjections) et crée une pollution en la transformant en nitrates.

Les nitrates et les phosphates qui restent dans la station d’épuration se retrouvent avec les métaux lourds dans les boues résiduelles. Ces boues résiduelles sont épandues dans les champs ; les premières pluies entraînent dans le sol tous ces résidus qui rejoignent à terme les nappes phréatiques, les rivières, la mer où les pollutions peuvent s’avérer irréversibles.

Les eaux grises (eaux polluées provenant de salle de bains, cuisine, lessive) peuvent être épurées dans des bassins à filtres plantés et renvoyées dans le sol sans la moindre nuisance pour l’environnement.

Les Toilettes sèches sont une alternative responsable qui évite de peser sur la collectivité, ainsi qu’une solution écologique éliminant totalement les eaux vannes.

* Eaux grises : Eaux usées provenant des douches, vaisselle et lavage du linge.
Eaux vannes : Eaux usées provenant des toilettes.

Pour respecter la Terre

Nos déjections, riches en azote, sont irremplaçables pour reconduire dans les terres la biomasse végétale riche en carbone nécessaire à la formation de l’humus. La vie sur terre est subordonnée à l’humus du sol.

L’humus est obtenu par le compostage. Le compostage est une fermentation chaude qui a l’avantage de pasteuriser la matière organique et d’éviter ainsi la contamination des sols par les germes pathogènes.

L’humus régénère la terre, améliore sa structure et son pouvoir de rétention d’eau, d’où des besoins moindres en irrigation. Faute d’humus, la terre fertile disparaît par érosion. Il faut des siècles, voire des millénaires pour former à nouveau quelques centimètres de terre agricole.

Le compostage correct est la technique incontournable pour le maintien durable de la production agricole. Vu l’augmentation de la population mondiale, la généralisation ou la marginalisation de cette technique conditionnera notre survie sur cette planète.

Le compost évite d’utiliser des engrais chimiques car l’azote humain, transformé en nitrates et dispersé par l’épuration, n’arrive pas à la plante. Pour le maintien de la production agricole, il doit être remplacé par de l’azote de synthèse (engrais chimiques) qui favorise encore la disparition de l’humus du sol et nous entraîne dans la spirale d’escalade de l’usage des pesticides.

Ces pesticides polluent à leur tour la terre, les eaux, et aussi notre alimentation. Ils détruisent la vie dans le sol et déséquilibrent les écosystèmes en tuant aveuglément les soi-disant nuisibles, mais aussi les êtres vivants indispensables pour la biodiversité et le maintien de la fertilité du sol.

L’azote contenue dans les déjections humaines représente 40% de l’azote que l’agriculture mondiale utilise. C’est une quantité trop importante pour se permettre le luxe de sa destruction. Pour boucler les grands cycles naturels, il convient donc de reconduire la biomasse animale et végétale dans la terre. Soulignons qu’il faut 3 tonnes de pétrole pour faire 1 tonne d’engrais. Ce qui aggrave l’effet de serre.

Nous devons accepter que nos déjections ne sont pas des déchets à éliminer, mais font partie intégrante de l’écosystème qui nous fait vivre (J. Orszagh).

Des millions d’ha de bonnes terres disparaissent chaque année suite aux problèmes d’érosion provoqués par le manque d’humus dû aux techniques agricoles dites « modernes »

Conclusion

Les déjections humaines n’ont pas leur place dans l’eau. Le gâchis réalisé par leur rejet dans l’eau est la cause numéro 1 de la dégradation de nos écosystèmes dans lesquels l’eau est de plus en plus malade et devient de plus en plus rare. En ce sens, le principe même de l’épuration des eaux usées urbaines est incompatible avec le concept du développement durable

Comment utiliser les Toilettes sèches

Toilettes sèches C1Un simple seau dans un joli coffre en bois en guise de WC et un panier rempli de copeaux ou de sciure en guise de chasse d’eau. Installés dans la salle de bains ou WC existants.

Déposez au fond du seau 10 cm de litière, puis rajoutez 2 louches après chaque passage. L’ajout de litière, composée de copeaux de bois, sciure, déchets de jardin broyés, évite les mauvaises odeurs et permet d’obtenir un rapport azote/carbone favorable au compostage.

Toilettes sèches C2

 

 

Le seau est vidé régulièrement dans un carré du jardin réservé au compost où l’on peut y ajouter les déchets de cuisine et de jardin.

Après chaque déversement du contenu du seau, couvrir de paille, herbe, feuilles…

Rincez le seau et le remettre en service.

Pour un usage quotidien des Toilettes sèches !

Comme le dit J.Orszagh, « la démarche demande un effort de gestion de la part de l’utilisateur. L’adoption des TLB [Toilettes à Litière Biomaitrisée ou toilettes sèches] est un pas décisif sur le chemin de la prise en charge individuelle du devenir de notre planète ».

Patrick Baronnet le formule d’une façon différente : « L’utilisation des toilettes sèches est une attitude responsable envers notre mère nature et nos enfants qui dans quelques décennies connaîtront des pénuries en eau potable».

Il est tellement plus simple de chasser d’un coup d’eau potable nos effluents !
Mais ce geste tellement usuel occulte les dégâts environnementaux qu’il implique.

En Suède, depuis 2002, la commune de Tanum (12.000 habitants) interdit l’installation de toilettes classiques (à chasse d’eau) sur sa commune pour toute construction neuve. Des centaines de maisons sont équipés de ces nouvelles toilettes respectueuses de l’environnement, ainsi que la bibliothèque municipale et le lycée local.

D’autres villes étudient actuellement une réglementation similaire.

Rappelons que les toilettes sèches représentent 80 % des toilettes dans le monde.

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